Pourquoi le crédit renouvelable est-il de moins en moins populaire ?

Pourquoi le crédit renouvelable est-il de moins en moins populaire ?

par | 2 Mar 2016

Lorsque l’on parle de crédit à la consommation, on a immédiatement tendance à penser au crédit renouvelable. Destiné aux particuliers ayant besoin de financer de petits achats, celui-ci a effectivement été très utilisé pendant plusieurs années. Mais avec l’entrée en vigueur de la loi Lagarde, ajustée ensuite par les réformes introduites par la loi Hamon, il est devenu de moins en moins populaire.

Pour comprendre les raisons de ce déclin, Keyliance-Antilles vous propose de revenir sur les caractéristiques de cette forme particulière de crédit à la consommation ainsi que sur les changements survenus suite aux votes des lois Lagarde et Hamon.

Avantages et inconvénients du crédit renouvelable

Par définition, un crédit renouvelable permet à un emprunteur de disposer d’une enveloppe budgétaire dont il peut se servir librement au fur et à mesure de son remboursement. Ce type de prêt à la consommation a donc très rapidement séduit les consommateurs via la très grande flexibilité qu’il leur offrait, tant en terme d’utilisation que de gestion. Mais cet avantage qui lui a valu son succès a malheureusement fini par se transformer en inconvénient.

En effet, la facilité avec laquelle un tel crédit pouvait autrefois être souscrit a joué un rôle clé dans le surendettement d’un grand nombre de ménages qui, après avoir emprunté plus que ce que leurs ressources leur permettaient de rembourser, se sont retrouvés dans des situations financières parfois très difficiles.

De la nécessité de mieux accompagner le consommateur

Face à ce constat, le gouvernement alors présidé par Nicolas Sarkozy a décidé de réformer le crédit renouvelable pour mieux accompagner le consommateur, dans une logique à la fois d’information et de protection.

Dans le cadre de sa lutte contre le surendettement, Christine Lagarde, ex-ministre de l’Economie, a imposé aux organismes de crédit concernés une plus grande transparence dans leur façon de promouvoir leurs produits financiers. Depuis le 1er juillet 2010, ceux-ci ont l’obligation de spécifier un certain nombre de mentions légales dans leurs publicités. Parmi ces mentions, on retrouve notamment le taux, le montant de la mensualité et la durée de remboursement.

L’autre principale mesure prise par Christine Lagarde est l’imposition d’une procédure de contrôle de la solvabilité de l’emprunteur.

Comme pour tout crédit à la consommation quelle qu’en soit la nature, le prêteur doit vérifier qu’un client souhaitant réaliser un crédit renouvelable n’est pas inscrit dans le Fichier national des Incidents des Crédits aux Particuliers (FICP). En cas de fichage, sa demande peut être refusée. Par ailleurs, l’emprunteur a le devoir de remplir une fiche de dialogue et d’informations pour apporter davantage de précisions sur son profil financier à son créancier.

Pour tout prêt d’un montant supérieur à 1 000 euros, ce dernier doit proposer au demandeur une alternative au crédit renouvelable sous forme de crédit amortissable et, si ce même montant dépasse 3 000 euros, l’emprunteur doit joindre des pièces justificatives à sa fiche de dialogue et d’informations.

Enfin, la dernière mesure importante de la loi Lagarde est la fermeture obligatoire des comptes de crédit renouvelable inactifs après 2 ans, rapportée à 1 an par la loi Hamon.

Quel impact sur son utilisation ?

La première conséquence de ces réformes a sans surprise été la réduction significative du nombre d’ouvertures annuelles de crédit renouvelable. Inférieur en 2015 de 26% par rapport à 2010, ce nombre s’élève à 3 300 000 unités ! En parallèle, on observe une recrudescence des clôtures de comptes inactifs, principalement entre mars 2011 et mars 2012, période pendant laquelle plus de 7 millions de fermetures ont été opérées. Et cette tendance devrait s’accentuer avec l’introduction des récents dispositifs prévus par la loi Hamon (cf. paragraphe précédent).

Source : www.asf-france.com